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Besieged on all sides, an overwhelming feeling cutting me from any external sensation. The concerns are reduced to the immediate discomfort. Urge to cut and remove the causes of this oppression that accelerates the flow of my thoughts. This whirlwind paralyzes all reflection and contributes to the emotional storm that is growing in intensity and almost makes me sick. Need a space of calm, tranquility where I can find me back and center. This place is here in me. It is this space that the Japanese call the hara, part of the Universe that connects me to the largest, the intangible, indifferent to local storms. Deep exhale, the last volume of air is leaving my lungs. then comes the precious moment of emptiness, just before inhaling. This emptiness connects me to the infinite by a link of huge hope, of confidence with a rare intensity. And then the air fills my lungs and it is this hope and confidence that radiates all my being. Like a ray of sunshine piercing the stormy clouds and illuminates a stream of desolate landscape. The feeling of oppression is still there but the shell is cracked. Immense source of relief as the dawning through the shutters of a night of nightmare. Waking up numb, taking a regenerating shower. Conscious breathing that make me recover my dignity through verticality. The flood reconnecting the highest values with reality. Contact of the feet on the ground, first Tai Sabaki putting me in the movement. My body once again joins the flow of life!
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Assailli de toute part, une sensation d’enveloppement proche de l’étouffement me coupe de toute sensation extérieure.
Les préoccupations se réduisent à l’inconfort immédiat.
Trancher, supprimer les causes de cette oppression qui accélère le flux de mes pensées. Ce tourbillon paralyse toute réflexion et contribue à la tempête émotionnelle qui gagne en intensité et me donne presque la nausée.
Besoin d’un espace de calme, de tranquillité où je pourrai me retrouver, me recentrer.
Cet endroit est là, en moi. C’est cet espace que les Japonais appellent le hara, parcelle d’Univers qui me relie au plus vaste, à l’intangible, indifférent aux tourmentes locales.
Profonde expiration, dernier volume d’air quittant les poumons. Après ce plus rien arrive le moment précieux, juste avant l’inspire. Ce néant qui me connecte à l’infini par un lien d’espoir immense et de confiance d’une intensité rare.
Et lorsque l’air remplit mes poumons c’est cet espoir et cette confiance qui irradie tout mon être. Tel le rayon de soleil perçant le nuage d’orage et venant inonder de lumière un jet de paysage désolé.
L’étouffement est toujours là mais la coquille est fêlée. Immense source de soulagement comme le jour naissant traversant les volets d’une nuit de cauchemar.
Se lever engourdi, se retrouver sous une douche bienfaisante. Respirations conscientes qui me font retrouver ma dignité dans la verticalité. Le flux qui m’inonde me reconnecte des valeurs les plus élevées à la réalité, à la Terre.
Contact des pieds au sol et premier taï-sabaki qui me remet en mouvement.
Mon corps à nouveau en éveil retrouve le flux de la vie !

Certains de mes élèves ont pris l’habitude de m’appeler senseï.

tov jeté sur le même athénée quelques jours après pose la question de la violence antiscolaire. Certains sociologues y voient l’attaque de jeunes contre l’école vue comme une institution symbolisant l’autorité. Le sociologue français François Dubet appelle ce phénomène « la révolte des vaincus ». Tant que cette métaphore du gagnant-perdu, inclus-exclus, capable-pas capable sera dans nos esprits il sera difficile de trouver une issue à ces actes posés par des jeunes qui sont touchés leur estime de soi et se sentent mis sur la touche par la société au travers de leurs résultats scolaires, de leurs renvois, de leur rélégation dans des « écoles-poubelles », anti-chambre d’une vie sous le signe de l’exclusion.

