Archives pour la catégorie gestion de conflit

Art martial pour la paix

On s’interroge souvent sur le caractère paradoxal de l’aïkido en tant qu’art martial de paix. Pourquoi un art de combat pour promouvoir son contraire. Sans doute faut-il y voir une manifestation discrète du principe du Yin et du Yang, l’un ne va jamais sans l’autre et lorsque le Yin est dominant, il produit déjà son contraire. C’est le point blanc dans la partie noire du signe du Tao et le point noir dans la blanche. L’art du combat produirait ainsi le germe de la paix. Cela semble cohérent sauf que cela pose des questions pour ce qui est de tous les arts de paix. Gandhi n’a-t-il pas été victime de la violence, lui qui portait le message contraire ?

Etonnant de constater qu’en musique nous retrouvons le même paradoxe. Le concerto est une forme musicale que l’on retrouve à toutes les périodes de la musique : du baroque en passant par le classique et le romantique jusqu’à Bartok. Le mot concerto veut dire à la fois se joindre, travailler de concert et lutter, combattre. L’harmonie au service du combat entre l’instrument soliste et l’orchestre ou lutte pour la construction d’une harmonie. Si vous en avez l’occasion écoutez le deuxième mouvement du quatrième concerto pour piano de Beethoven, vous entendrez une splendide illustration d’un combat paraissant au départ si violent et si déséquilibré pour se terminer par une si belle alliance.

Masakatsu Agatsu: La vraie victoire est la victoire sur soi

ruenoire

Ce témoignage de cet homme est particulièrement éloquent (traduit librement d’un forum anglophone):

Ron avait une vieille tante de 80 ans qui se déplaçait difficilement. Elle habitait dans un quartier de banlieue assez défavorisé où la police ne semblait pas trop présente car trop mal à l’aise sans doute. Ron emmenait sa tante, assise dans sa chaise roulante quand il vit 3 ou quatre brutes s’approcher d’eux depuis l’autre côté de la rue. Ron réconforta sa tante. Il continua d’avancer mais en tournant son corps, juste assez pour observer le leader de la bande mais pas assez pour que son attitude puisse être considérée comme confrontante. Le chef de la bande s’approcha jusqu’à 1m50 puis dévia soudain sa trajectoire et pris une autre direction avec ses acolytes.

Ron dit à sa tante: « Tu vois ce n’est qu’une attitude, un genre qu’ils se donnent » et il l’emmena dans son appartement.
A aucun moment Ron n’a envisagé que ce chef de bande avait battu en retraite. Il ne s’était senti en sécurité qu’à partir du moment où le chef de bande a changé de direction manifestant ainsi qu’il avait changé d’avis.
Les notions même de victoire ou de défaite ne lui serainet venues à l’esprit que s’il avait fallut en venir aux mains. Et Ron était tout à fait conscient qu’il n’était pas en position de force: il devait protéger sa tante, il était seul contre trois et sans doute moins armé qu’eux.
Le seul choix pour lui était de se connecter puissamment à l’opposant mais sans le confronter et continuer à faire ce qu’il était en train de faire à savoir mener sa tante chez elle.

Ron a vraiment senti ce jour là l’effet de sa pratique de l’aikido (se connecter à l’opposant avant l’attaque, présence d’esprit, absence de peur) pour évider la [tags]violence physique[/tags] imminente alors qu’il restait concentré en même temps sur sa tante et sur le chef de bande. Après cet incident il se souvient de ne pas avoir ressenti ni poussée d’adrénaline ni tremblement. Sans doute l’opposant a-t-il été défait au moment où Ron l’a vu traverser la rue

« Masakatsu Agatsu, Katsuhayabi » : La vraie victoire est la victoire sur soi, une victoire à la vitesse de la lumière

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Gagner, je veux gagner !!

Vous est-il déjà arrivé de vivre une discussion tournant à la dispute puis, pris dans la tourni de l’altercation oublier le fond, la forme, le pourquoi du comment pour ne plus être qu’obnubilé par une idée: Gagner!

Dans ces moments, la personne en face de vous n’existe plus, elle n’est que la cause de cette résistance rencontrée par mon ego. Et même le sujet de la conversation n’existe plus tant il vous presse d’avoir raison.

Raison de quoi, quelle raison ?

Il n’y a plus d’argumentation, plus que des paroles jetées en vue d’obtenir le KO verbal, la reddition sans condition.
Mais il faut bien avouer qu’en terme de KO c’est bien plus souvent le chaos que l’on obtient.

Bel exemple de perte de son centre. La personne en face de moi n’est plus une personne et moi je ne suis plus une personne non plus. Nous sommes devenus les objets d’une gesticulation sans issue.

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