la porte d’ascenceur

ascenceur0

Vivre dans la présence, du moins le plus possible. En tout cas saisir chaque instant que la vie offre pour revenir à soi et s’ouvrir à ce qui se présente. Je rentre dans cet ascenceur, me retourne appuie sur le bouton du cinquième étage et regarde le couloir et la rue en attendant que la porte se ferme. J’utilise ce moment pour revenir dans mon centre ce qui a pour effet d’amplifier mon acuité sensorielle à tout événement pouvant se produire. La porte se ferme me coupant de la vue et j’ai cette sensation de perte. Une porte qui se ferme n’est-ce pas une opportunité perdue, un choix qui se dérobe?

Et lorsque l’ascenceur se met en mouvement et s’élève je prends conscience que si cette porte ne s’était pas fermée je n’aurais pas pu m’élever pour aller là où je voulais aller.

Etrange sensation que cette prise de conscience que cette sensation quasi-désagréable de perdre une opportunité par cette porte qui se ferme soit le point de départ pour autre chose, ce que je veux, pour déboucher sur une autre porte que je ne vois pas encore et qui s’ouvrira …  le moment venu!

La vengeance des vaincus?

L’attaque d’une bande de jeunes dans le réfectoire de l’Athénée d’Alleur et le cocktail moloviolence à l'écoletov jeté sur le même athénée quelques jours après pose la question de la violence antiscolaire. Certains sociologues y voient l’attaque de jeunes contre l’école vue comme une institution symbolisant l’autorité.  Le sociologue français François Dubet appelle ce phénomène « la révolte des vaincus ». Tant que cette métaphore du gagnant-perdu, inclus-exclus, capable-pas capable sera dans nos esprits il sera difficile de trouver une issue à ces actes posés par des jeunes qui sont touchés leur estime de soi et se sentent mis sur la touche par la société au travers de leurs résultats scolaires, de leurs renvois, de leur rélégation dans des « écoles-poubelles », anti-chambre d’une vie sous le signe de l’exclusion.

Il est essentiel d’opter pour une vision d’inclusion, une approche de la société qui ne se contente pas d’un mécanisme de tri du grain et de l’ivrée car ici ce qui est rejeté c’est des personnes, des êtres humains qui n’ont pas eu la chance de croiser qui un parent qui un enseignant qui un ami pour leur transmettre du sens, des valeurs sortant des schémas consuméristes dominants.

passer à côté de la beauté

passer à côté de la beauté

Le musicien de rue était debout dans l’entrée de la station « Enfant Plaza » du métro de Washington DC. Il a commencé à jouer du violon.

C’était un matin froid, en janvier dernier. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l’Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et à nouveau, du Bach.

A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail. Après trois minutes, un homme d’âge mûr a remarqué qu’un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s’est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant.

Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l’argent dans son petit pot. Peu après, un quidam s’est appuyé sur le mur d’en face pour l’écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard.

Celui qui a marqué le plus d’attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l’a tiré, pressé mais l’enfant s’est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l’a secoué et agrippé brutalement afin que l’enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant,il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s’est répétée plusieurs fois avec d’autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.
Durant les trois quarts d’heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l’écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l’argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars.
Personne ne l’a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n’a applaudi.

Sur plus de mille passants, seule une personne l’a reconnu.
Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement un des meilleurs musiciens de la planète. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars.
Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation future au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.

C’est une histoire vraie. L’expérience a été organisée par le «Washington Post » dans le cadre d’une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens.

Voir la video

Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l’apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?

Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n’avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, avec un violon Stradivarius valant 3,5
millions de dollars, à côté de combien d’autres choses passons-nous ?

Masakatsu Agatsu: La vraie victoire est la victoire sur soi

ruenoire

Ce témoignage de cet homme est particulièrement éloquent (traduit librement d’un forum anglophone):

Ron avait une vieille tante de 80 ans qui se déplaçait difficilement. Elle habitait dans un quartier de banlieue assez défavorisé où la police ne semblait pas trop présente car trop mal à l’aise sans doute. Ron emmenait sa tante, assise dans sa chaise roulante quand il vit 3 ou quatre brutes s’approcher d’eux depuis l’autre côté de la rue. Ron réconforta sa tante. Il continua d’avancer mais en tournant son corps, juste assez pour observer le leader de la bande mais pas assez pour que son attitude puisse être considérée comme confrontante. Le chef de la bande s’approcha jusqu’à 1m50 puis dévia soudain sa trajectoire et pris une autre direction avec ses acolytes.

Ron dit à sa tante: « Tu vois ce n’est qu’une attitude, un genre qu’ils se donnent » et il l’emmena dans son appartement.
A aucun moment Ron n’a envisagé que ce chef de bande avait battu en retraite. Il ne s’était senti en sécurité qu’à partir du moment où le chef de bande a changé de direction manifestant ainsi qu’il avait changé d’avis.
Les notions même de victoire ou de défaite ne lui serainet venues à l’esprit que s’il avait fallut en venir aux mains. Et Ron était tout à fait conscient qu’il n’était pas en position de force: il devait protéger sa tante, il était seul contre trois et sans doute moins armé qu’eux.
Le seul choix pour lui était de se connecter puissamment à l’opposant mais sans le confronter et continuer à faire ce qu’il était en train de faire à savoir mener sa tante chez elle.

Ron a vraiment senti ce jour là l’effet de sa pratique de l’aikido (se connecter à l’opposant avant l’attaque, présence d’esprit, absence de peur) pour évider la [tags]violence physique[/tags] imminente alors qu’il restait concentré en même temps sur sa tante et sur le chef de bande. Après cet incident il se souvient de ne pas avoir ressenti ni poussée d’adrénaline ni tremblement. Sans doute l’opposant a-t-il été défait au moment où Ron l’a vu traverser la rue

« Masakatsu Agatsu, Katsuhayabi » : La vraie victoire est la victoire sur soi, une victoire à la vitesse de la lumière

Tags: ,

Un pas dans la neige

Lundi 5 janvier, la neige couvre la ville. Cet événement qui réjouit les enfants et désole les conducteurs est l’occasion d’une prise de conscience de nos appuis au sol. Chaque pas est un risque de dérapage et il me faut redécouvrir une nouvelle manière de marcher. Cette activité on ne peut plus banale, routinière c’est-à-dire inscrite dans le réservoir inconscient de tous nos gestes automatisés revient sur le devant de la scène de ma conscience.
Prendre conscience du pied qui se pose sur la surface glissante, sentir le transfert du poids du corps d’un pied à l’autre et re-découvrir le triangle de force qui décompose les forces dans deux directions: la force verticale qui stabilise et la force horizontale qui peut provoquer la glissade (et au passage le rire des piétons qui me suivent).
Sensation du poids dans sa verticalité, de sa transmission à travers tout mon squelette jusque dans la semelle enneigée puis dans le sol. Confiance dans ce pas que l’on pose par le simple fait de l’avoir rendu à nouveau conscient.

Et de pas en pas constater que ce trajet journalier qui me mène à la gare devient un chemin de méditation, où le pas devient plus important que la destination et me fait goûter au plaisir du geste ajusté (et je dirais presque: dégusté!).

Quelle expérience offerte par cette neige vierge, une occasion de redessiner sur cet écran blanc la qualité d’un mouvement en apparence banal et pourtant combien précieux. La qualité des appuis au sol est essentielle en aïkido comme dans la vie en général. Sur sol glissant c’est l’occasion de voir combien elle conditionne notre précieuse verticalité, cette qualité humaine que je remets en jeu à chaque pas.

Tags:

Gagner, je veux gagner !!

Vous est-il déjà arrivé de vivre une discussion tournant à la dispute puis, pris dans la tourni de l’altercation oublier le fond, la forme, le pourquoi du comment pour ne plus être qu’obnubilé par une idée: Gagner!

Dans ces moments, la personne en face de vous n’existe plus, elle n’est que la cause de cette résistance rencontrée par mon ego. Et même le sujet de la conversation n’existe plus tant il vous presse d’avoir raison.

Raison de quoi, quelle raison ?

Il n’y a plus d’argumentation, plus que des paroles jetées en vue d’obtenir le KO verbal, la reddition sans condition.
Mais il faut bien avouer qu’en terme de KO c’est bien plus souvent le chaos que l’on obtient.

Bel exemple de perte de son centre. La personne en face de moi n’est plus une personne et moi je ne suis plus une personne non plus. Nous sommes devenus les objets d’une gesticulation sans issue.

Tags:

Un petit signe, créer une connexion

Petit détail du quotidien, quand je traverse sur un passage pour piéton, j’ai plutôt tendance à revendiquer ma priorité aux voitures… avec la prudence qui sied à ce genre de situation bien sur.

Si je cherche à obtenir que l’automobiliste reconnaisse au piéton que je suis la priorité, c’est parce que nous sommes tous piétons, parce que marcher dans la ville c’est vivre la ville, c’est être humain, exposé, en contact. Ceci étant dit, je ne manque pas une occasion de faire un petit signe au chauffeur qui s’arrête pour me céder le passage.

Petit geste qui crée la connexion nécessaire au-delà du pare-brise et de la tole qui l’isole dans son cocon insonorisé. Petit signe à l’humain qui tient le volant, histoire que son véhicule ne lui vole pas son humanité.

Et m’est venu ce matin en faisant ce petit signe de remerciement, que c’est assurément un geste aïki, un geste qui crée la connexion et la maintient l’espace d’un instant. Je suis là, vulnérable piéton, je peux voir le pare-choc menaçant ou reconnaître l’humain que cache le pare-brise. Je suis présent, il me remarque et nous entrons dans une relation instantanée. Mon attitude l’incite à me céder le passage, à co-construire un espace urbain où le piéton est respecté.

Quelques secondes plus tard nous continuons notre route, laissant en nous une parcelle d’humanité en plus

Tags:

Harageï

Harageï se compose de Hara, le ventre et geï, la sensibilité, finesse de perception, subtilité.

Le harageï est cet état de disponibilité totale, dans l’instant. Le mental ne doit plus comprendre plus réfléchir, je suis là. Je réagis avec une apparente rapidité mais je ne suis pas rapide, je suis dans le mouvement, ni avant ni après. Harageï est cette forme d’intuition lrsque j’ai tout laché et que je suis là en contact avec mon énergie vitale (le Ki) ouvert sans filtre à l’énergie de cet univers dans lequel je me trouve et dont je fais partie.

Etat de centrage, dans mon centre, connexion par le corps.

En terme de management, haragei évoque la communication non-verbale, une négociation sans mot, une communication derrière les mots

Le blog débarque

Blog, un mot à la mode mais surtout un moyen de plus pour communiquer.

Pourquoi pas un blog sur l’aikicom. Dans une phase de développement, il peut être intéressant de consigner quelques réflexions, de laisser quelques traces des réflexions qui se croisent, se télescopent, s’harmonisent dans mon esprit.

A suivre donc tout au longs des commentaires à venir

Tags: