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Masakatsu Agatsu: La vraie victoire est la victoire sur soi

ruenoire

Ce témoignage de cet homme est particulièrement éloquent (traduit librement d’un forum anglophone):

Ron avait une vieille tante de 80 ans qui se déplaçait difficilement. Elle habitait dans un quartier de banlieue assez défavorisé où la police ne semblait pas trop présente car trop mal à l’aise sans doute. Ron emmenait sa tante, assise dans sa chaise roulante quand il vit 3 ou quatre brutes s’approcher d’eux depuis l’autre côté de la rue. Ron réconforta sa tante. Il continua d’avancer mais en tournant son corps, juste assez pour observer le leader de la bande mais pas assez pour que son attitude puisse être considérée comme confrontante. Le chef de la bande s’approcha jusqu’à 1m50 puis dévia soudain sa trajectoire et pris une autre direction avec ses acolytes.

Ron dit à sa tante: « Tu vois ce n’est qu’une attitude, un genre qu’ils se donnent » et il l’emmena dans son appartement.
A aucun moment Ron n’a envisagé que ce chef de bande avait battu en retraite. Il ne s’était senti en sécurité qu’à partir du moment où le chef de bande a changé de direction manifestant ainsi qu’il avait changé d’avis.
Les notions même de victoire ou de défaite ne lui serainet venues à l’esprit que s’il avait fallut en venir aux mains. Et Ron était tout à fait conscient qu’il n’était pas en position de force: il devait protéger sa tante, il était seul contre trois et sans doute moins armé qu’eux.
Le seul choix pour lui était de se connecter puissamment à l’opposant mais sans le confronter et continuer à faire ce qu’il était en train de faire à savoir mener sa tante chez elle.

Ron a vraiment senti ce jour là l’effet de sa pratique de l’aikido (se connecter à l’opposant avant l’attaque, présence d’esprit, absence de peur) pour évider la [tags]violence physique[/tags] imminente alors qu’il restait concentré en même temps sur sa tante et sur le chef de bande. Après cet incident il se souvient de ne pas avoir ressenti ni poussée d’adrénaline ni tremblement. Sans doute l’opposant a-t-il été défait au moment où Ron l’a vu traverser la rue

« Masakatsu Agatsu, Katsuhayabi » : La vraie victoire est la victoire sur soi, une victoire à la vitesse de la lumière

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Un petit signe, créer une connexion

Petit détail du quotidien, quand je traverse sur un passage pour piéton, j’ai plutôt tendance à revendiquer ma priorité aux voitures… avec la prudence qui sied à ce genre de situation bien sur.

Si je cherche à obtenir que l’automobiliste reconnaisse au piéton que je suis la priorité, c’est parce que nous sommes tous piétons, parce que marcher dans la ville c’est vivre la ville, c’est être humain, exposé, en contact. Ceci étant dit, je ne manque pas une occasion de faire un petit signe au chauffeur qui s’arrête pour me céder le passage.

Petit geste qui crée la connexion nécessaire au-delà du pare-brise et de la tole qui l’isole dans son cocon insonorisé. Petit signe à l’humain qui tient le volant, histoire que son véhicule ne lui vole pas son humanité.

Et m’est venu ce matin en faisant ce petit signe de remerciement, que c’est assurément un geste aïki, un geste qui crée la connexion et la maintient l’espace d’un instant. Je suis là, vulnérable piéton, je peux voir le pare-choc menaçant ou reconnaître l’humain que cache le pare-brise. Je suis présent, il me remarque et nous entrons dans une relation instantanée. Mon attitude l’incite à me céder le passage, à co-construire un espace urbain où le piéton est respecté.

Quelques secondes plus tard nous continuons notre route, laissant en nous une parcelle d’humanité en plus

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