confianceLa confiance, qualité développée dans notre enfance et enrichie voire sapée au fil de nos expériences. Cette confiance que l’on fait aux autres n’exige-t-elle pas que l’autre soit parfait ? Et cette confiance ne repose-t-elle pas sur la confiance que j’ai en moi? Comme l’écrivait une rédactrice d’un magazine psychologique à grand tirage:

 

La confiance c’est savoir négocier avec l’échec et rebondir. C’est, parfois, apprendre à habiter sa propre fragilité: je peux être fort même quand je suis faible.

Et revoilà l’antienne: être fort même quand je suis faible. La confiance en quelqu’un d’autre crée un certain état de dépendance, une faiblesse pour celui qui veut tout controler mais une force pour celui qui croit à la puissance du lien, à la coopération, à la réciprocité, à la relation vraie.

Il y a une telle différence entre « j’ai confiance en toi et si tu n’as pas réussi, je te comprends » et « j’ai confiance en toi et j’ai été trahi ». La nuance ce crée dans le dialogue, dans cette connexion qui nourrit.

Tu peux faillir car je sais que je suis faillible.

En temps de tension cette confiance est mise à mal, quand les émotions sont fortes que la pression nous pousse dans nos retranchements la tentation est forte d’opter pour le repli sur soi laissant de côté cet autre avec qui j’étais lié.

Sans cesse remettre son ouvrage sur le métier et après les crises reconstruire cette confiance pour repartir dans la bonne direction. Cela, bien entendu, si cette confiance a du sens, ce qui ne peut être déterminé que si l’on est centré. Dans l’émotion les réactions de rejets sont tellement rapides qu’il faut pouvoir être fort pour les dépasser et revenir à une appréciation plus juste, une appréciation qui dépasse les limites étroites de nos raisonnements.

 

Je suis là, tout va bien, sauf qu’il y a ces pensées qui me reviennent de manière régulière.Cette question qui me tourne dans la tête et me rappelle de manière incessante que je dois parler à cet ami avec qui je m’entends si bien, à mon patron, à ma compagne ou à mon fils. Je vis avec lui, avec elle une relation qui est tout à fait satisfaisante à cela près qu’il y a ce litige, ce point qui me tracasse car la situation est en train de prendre une tournure qui ne me convient pas.

Et c’est justement parce que la relation est si bonne que je n’ose pas aborder ce point sensible. J’ai tellement peur que cela ne remette en question la relation dans son ensemble ou que cela jette un froid qui entachera pour plusieurs jours, voire plusieurs mois notre manière de nous parler, de partager, d’échanger.

Mais d’un autre côté, je me sens mal avec moi même. Si je n’aborde pas cette question, c’est avec moi que je me sens mal. C’est déjà le cas. Car je dos reconnaître que cela fait plusieurs jours que je reporte, trouvant que le moment n’est pas approprié. Et plus le temps passe plus la tension s’accentue. J’imagine le pire et le pire devient encore pire à mesure que j’imagine.

Mon esprit construit des scenarii de films catastrophe pendant que mes émotions développe une musique de film oscillant entre le thriller et le drame absolu.

L’attitude aïki n’est pas le rejet de ces émotions, ni le jugement de ces pensées négatives. L’attitude aïki c’est la prise de conscience de ce qui se passe, de reconnaître et accepter ce que je vis en revenant dans mon centre, au niveau de mon hara et de devenir le spect-acteur de mon expérience.

Pour passer à l’action, car je sais qu’il me faudra passer à l’action c’est-à-dire aller parler à cette personne et mettre le problème sur la table, il me faut partir de mon centre. C’est de là que démarre le geste juste. C’est le « ici » qui doit se compléter du « maintenant », l’action sans passé et sans futur, celle qui nous maintient dans la dynamique de la vie. Les projections dans le futur fondent alors comme neige au soleil et les émotions se transmutent en énergie.

Le présent n’est pas effrayant, il est.

Je ne suis pas effrayé, je suis.

Dans l’ici et le maintenant, j’agis.

Agissant ainsi les éléments et l’univers entier s’allient à ce geste né du centre.

 

 

Lorsque l’on court tous les jours après le temps, les rendez-vous, les contraintes. Lorsque même les loisirs prennent la forme d’un rendez-vous et lorsqu’enfin on peut se laisser … à respirer, on en vient à espérer de libérer un peu de temps pour prendre le temps plutôt que ce soit qui nous prenne.
Vient alors cette plage de temps libre qui nous fait prendre conscience que nous sommes comme groggy, saoulé d’activité. La désintox est un processus pénible. Le temps libéré devient comme une angoisse nouvelle, comme une peur du vide. Le mental se tourne à gauche, à droite, cherchant à être repris en main par une urgence quelconque, une sonnerie rappelant la prochaine échéance, le tut-tut-tut-tuut-tuut-tut-tut-tut d’un sms salvateur. Et si rien ne vient il nous reste le courriel et si celui-là reste lettre morte il reste les réseaux sociaux où là il se passe toujours quelque chose. Ouf!
Quelques videos youtubes plus loin, quelques citations automatiques plus loin, quelques « j’aime » plus loin le problème reste le même … avec quelques heures de moins.
Identifier les bouffeurs de temps, partir à la recherche du temps vide. Se lacher tel le parachutiste plongeant dans le vide en chute libre. Sentir le remue-ménage intérieur, l’accueillir avec tendresse et curiosité comme lorsque, dans une artère commerciale bondée de monde, on reconnait à distance une personne connue dans la foule, un visage familier masqué par les inconnus en mouvement. S’arrêter, respirer et attendre la rencontre.
Soudain l’espace temps devient plus ample, plus vaste. Retour à une forme de l’essentiel, ce qui reste lorsque le superficiel s’efface.
Dans ce nouveau paysage les choses essentielles se distinguent: une personne chère, une relation précieuse, une pensée oubliée, un projet qui n’attend plus que nous.
Continuer de ne rien faire, que la vase retombe et que l’eau redevienne claire pour voir à nouveau que l’étang (l’étant) est plein de vie.

[en]

Running everyday from meetings to appointments we'd like to find some free time to "not-do". When these moments come we feel tipsy, a new form of anxiety comes: the void is frightening. We hope we'll get some email or sms and if nothing comes we still have the social networks where anything happens anytime ! Jumping in the void like a parachtutist doing free fall and discovering what's happening inside of us. The the inner space widen, place for the essential. And in this landscape important things appear: a beloved person, a precious relation. When the mud fall back slowly on the bottom of the pond, water becomes clear and we can see the living in this clear water

[fr]

 

Assailli de toute part, une sensation d’enveloppement proche de l’étouffement me coupe de toute sensation extérieure.

Les préoccupations se réduisent à l’inconfort immédiat.

Trancher, supprimer les causes de cette oppression qui accélère le flux de mes pensées. Ce tourbillon paralyse toute réflexion et contribue à la tempête émotionnelle qui gagne en intensité et me donne presque la nausée.

Besoin d’un espace de calme, de tranquillité où je pourrai me retrouver, me recentrer.

Cet endroit est là, en moi. C’est cet espace que les Japonais appellent le hara, parcelle d’Univers qui me relie au plus vaste, à l’intangible, indifférent aux tourmentes locales.

Profonde expiration, dernier volume d’air quittant les poumons. Après ce plus rien arrive le moment précieux, juste avant l’inspire. Ce néant qui me connecte à l’infini par un lien d’espoir immense et de confiance d’une intensité rare.

Et lorsque l’air remplit mes poumons c’est cet espoir et cette confiance qui irradie tout mon être. Tel le rayon de soleil perçant le nuage d’orage et venant inonder de lumière un jet de paysage désolé.

L’étouffement est toujours là mais la coquille est fêlée. Immense source de soulagement comme le jour naissant traversant les volets d’une nuit de cauchemar.

Se lever engourdi, se retrouver sous une douche bienfaisante. Respirations conscientes qui me font retrouver ma dignité dans la verticalité. Le flux qui m’inonde me reconnecte des valeurs les plus élevées à la réalité, à la Terre.

Contact des pieds au sol et premier taï-sabaki qui me remet en mouvement.

Mon corps à nouveau en éveil retrouve le flux de la vie !

[en]

Besieged on all sides, an overwhelming feeling cutting me from any external sensation. The concerns are reduced to the immediate discomfort. Urge to cut and remove the causes of this oppression that accelerates the flow of my thoughts. This whirlwind paralyzes all reflection and contributes to the emotional storm that is growing in intensity and almost makes me sick. Need a space of calm, tranquility where I can find me back and center. This place is here in me. It is this space that the Japanese call the hara, part of the Universe that connects me to the largest, the intangible, indifferent to local storms. Deep exhale, the last volume of air is leaving my lungs. then comes the precious moment of emptiness, just before inhaling. This emptiness connects me to the infinite by a link of huge hope, of confidence with a rare intensity. And then the air fills my lungs and it is this hope and confidence that radiates all my being. Like a ray of sunshine piercing the stormy clouds and illuminates a stream of desolate landscape. The feeling of oppression is still there but the shell is cracked. Immense source of relief as the dawning through the shutters of a night of nightmare. Waking up numb, taking a regenerating shower. Conscious breathing that make me recover my dignity through verticality. The flood reconnecting the highest values with reality. Contact of the feet on the ground, first Tai Sabaki putting me in the movement. My body once again joins the flow of life!

[fr]

 

Harageï se compose de Hara, le ventre et geï, la sensibilité, finesse de perception, subtilité.

Le harageï est cet état de disponibilité totale, dans l’instant. Le mental ne doit plus comprendre plus réfléchir, je suis là. Je réagis avec une apparente rapidité mais je ne suis pas rapide, je suis dans le mouvement, ni avant ni après. Harageï est cette forme d’intuition lorsque j’ai tout laché et que je suis là en contact avec mon énergie vitale (le Ki) ouvert sans filtre à l’énergie de cet univers dans lequel je me trouve et dont je fais partie.

Etat de centrage, dans mon centre, connexion par le corps.

En terme de management, haragei évoque la communication non-verbale, une négociation sans mot, une communication derrière les mots

[en]

Harageï is a word composed of Hara, the belly and GEI, the sensitivity, delicacy of perception, subtlety. Harageï is a state of total availability in the now. The mind no longer has to understand nor to think: I'm here. I react with an apparent speed but I'm not fast, I'm with the movement, neither before nor after. Harageï is the form of intuition when everythinh has been dropped and I am here, in contact with my vital energy (Ki), open, unfiltered energy of the universe that contains me and where I belong. State of centering, in my center, connected to the body. In terms of management, haragei evokes non-verbal communication, negotiation without a word, a statement behind the words

[fr]

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