Extraordinaire exposé de Brene Brown à propos de la vulnérabilité. Je vous en propose ici un extrait tout en vous invitant à écouter l’exposé complet

Quand vous avez travaillé dans le social pendant 10 ans, vous réalisez que les relations humaines sont la raison de notre présence sur terre. Tout tourne autour de cela,  sur le plan neurobiologique, nous sommes conçus ainsi.

j’ai buté sur cette chose sans nom qui détruisait totalement les relations d’une façon que je ne comprenais pas, et  j’ai découvert qu’il s’agissait de la honte. On peut vraiment comprendre la honte facilement si on la considère comme la peur de l’isolement.
« Je ne suis pas assez mince, pas assez riche, pas assez beau, pas assez malin, pas assez reconnu dans mon travail. »
Ce qui est à la base de tout ça, c’est une atroce vulnérabilité, cette idée que, pour pouvoir entrer en relation avec les autres, nous devons nous montrer tels que nous sommes, vraiment tels que nous sommes.

Je peux classer les gens que j’avais interviewés en deux catégories: ceux qui croyaient vraiment en leur propre valeur  et ceux qui ont du mal avec ça, ceux qui se demandent tout le temps si ils sont assez bien.
Ceux qui ont un fort sentiment d’amour et d’appartenance pensent qu’ils méritent l’amour et l’appartenance. C’est tout. Ils pensent qu’ils le méritent. Les autres se privent de relations humaines de peur de ne pas mériter ces relations,

Le courage, la définition originelle du courage, lorsque ce mot est apparu dans la langue anglaise — il vient du latin « cor », qui signifie « cœur » — et sa définition originelle était : raconter qui nous sommes de tout notre cœur.

Ainsi, ces gens qui croyaient vraiment en leur propre valeur avaient, très simplement, le courage d’être imparfaits.

Ils avaient la compassion nécessaire pour être gentils, tout d’abord avec eux-mêmes, puis avec les autres, car, à ce qu’il semble, nous ne pouvons faire preuve de compassion envers les autres si nous sommes incapables d’être gentils envers nous-même.

Ils étaient en relation avec les autres, et — c’était ça le noyau dur — de par leur authenticité, ils étaient disposés à abandonner l’idée qu’ils se faisaient de ce qu’ils auraient dû être, de façon à être qui ils étaient, ce qui est un impératif absolu pour entrer en relation avec les autres.

 

 

Cette qualité qui fait tellement new-age dans ce monde où le struggle for life semble la règle et la solidarité le slogan que l’on aime à répéter mais dont on n’ose pas dire qu’une fois dans le vrai monde il est indispensable de se protéger voire d’attaquer. Manger ou être mangé est le défi qui prend toute sa force en période de crise. Le cerveau reptilien active nos réflexes de survie et rétrécit le champ d’action de solidarité à ceux qui nous sont proches, tout proches.

Pourtant il semble bien que nous soyons biologiquement conçu pour la solidarité et l’empathie. Les neurones miroirs nous donnent à sentir ce que l’autre ressent et l’histoire montre que notre sentiment de solidarité s’est au fil des siècles étendu pour passer de ceux avec qui nous vivons, à la tribu pour arriver à la Nation ce concept sans réalité biologique mais qui pourtant nous rassemble.
Oui bien sur, en tant que Belge j’ai juste le droit de me taire. Et bien non justement, la question belge est une splendide illustration de ce besoin d’appartenance, de crainte de perte de ce qui donne une structure à notre identité et notre appartenance. Langue, territoire, religion, famille, race, couleur de peau autant de critères nous permettant de nous sentir « avec ».
L’animation ci-dessous servira de conclusion à cette réflexion. Elle est rudement bien faite et contribue à créer une vision de ce voir quoi notre Humanité pourrait tendre. Nous avons tous un peu du petit Prince et de son renard.

[en]

Are we made for empathy ? This quality with such a new-age taste in a world where "struggle for life" dominates and solidarity is only a slogan we like to repeat but once in the real world it's mandatory to protect ourself and even more it' could be necessary to attack! Eat or be eaten is the challenge that's so pregnant in crisis periods. Our reptilian brain activates our survival reflexes and our solidarity fields gets narrower and gets limited to our close neighbourhood. However, it seems that we are biologicaly made for solidarity and empathy.

[fr]

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